Hiam Abbass, un talent aux multiples facettes dans la complexité du monde

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Hiam Abbass, un talent aux multiples facettes dans la complexité du monde

« Si on se met ensemble les êtres humains, les frontières réelles on peut les casser ! » Hiam Abbass, Interviewée par Arte.

Hiam Abbass, Palestinienne chrétienne d’Israël, est née en Galilée dans le village de Deir Hanna, près de Nazareth, en 1960. Elle est photographe, comédienne, actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, écrivaine. Elle est polyglotte : arabe, hébreu, anglais et français. Elle a été membre de jurys de festivals prestigieux (Berlin, Cannes). Elle a reçu de nombreux prix : Bayart d’or en 2001 au Festival international du film francophone de Namur (Belgique), Ophir de la meilleure actrice en 2004, 2005 et 2008 (Israël), Prix Henri-Langlois en 2012 (France), Valois de la meilleure actrice en 2017 au Festival du film francophone d’Angoulême. 

 

 

Elle a tourné dans des films de fiction avec les plus grands réalisateurs, dont les Français Cédric Klapisch, Jean Becker, Patrice Chéreau, Radu Mihaileanu, les Américains Steven Spielberg, Jim Jarmusch, Julian Schnabel, l’Anglais Ridley Scott, le Canadien Denis Villeneuve.

Elle a joué aussi dans des courts métrages, notamment Démolition de la réalisatrice libanaise Danielle Arbid. Elle a été également derrière la caméra, réalisatrice de courts métrages, dont La danse éternelle, et d’un long métrage : Héritage. Les cinéphiles la retrouveront, en 2019, dans Mon frère de Julien Abraham, aux côtés de Jalil Lespert. Elle a aussi joué dans des téléfilms en France, notamment sous la direction d’Ariane Mnouchkine, et dans des séries pour la télévision en Angleterre, au Québec ou dernièrement aux USA, Succession - saison 1 de Jesse Armstrong. Elle s’apprête à y tourner Succession - saison 2 en 2019.

Elle a été directrice d’acteurs pour le compte de grands réalisateurs, tels Alejandro Gonzàlez Inàrritu (Babel) ou Steven Spielberg (Munich). Elle a prêté sa voix pour certains films, notamment d’animation, comme Azur et Asmar de Michel Ocelot, ou assure elle-même ses propres doublages en différentes langues dans les films où elle joue. Elle est également comédienne au théâtre. Elle a fait partie de la troupe palestinienne d’El Hakawati à Jérusalem-Est. Elle a poursuivi sa carrière théâtrale à Londres, puis Paris. Elle a joué, à ce jour, dans une soixantaine de films.

À côté des cinéastes occidentaux, cités ci-dessus, elle a tourné avec les réalisatrices et réalisateurs majeurs du Maghreb. La Tunisienne Raja Amari lui offre un premier rôle féminin éblouissant de sensualité dans Satin rouge (2002), film multi-primé dans les festivals internationaux. L’Égyptien Yousry Nasrallah, considéré par la critique comme l’héritier de Youssef Chahine, lui donne le rôle d’Om Younes, dans La Porte du Soleil (2004), présenté à Cannes en sélection officielle.

L’hommage rendu, lors du 25e Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, met l’accent sur les films de sa carrière en lien avec le Mashreq (le Levant en arabe). En s’attachant exclusivement aux films ayant trait au Proche-Orient dans sa complexité, le FICA rend hommage au talent de l’actrice et à son identité palestinienne, fondatrice de sa personnalité. Il cherche, aussi, à éclairer le spectateur sur les peuples et les pays du Croissant fertile en proie à de terribles conflits qui ne sont pas sans conséquences sur les sociétés occidentales. Les films qui jalonnent la carrière proche-orientale d’Hiam Abbass sont autant de repères pour tenter d’appréhender les problèmes de l’heure et confirment que le cinéma est le reflet du monde en marche.

Haifa (1995), du réalisateur palestinien Rashid Masharawi, ouvre véritablement la carrière cinématographique d’Hiam Abbass. Elle y incarne Oum Said, l’épouse de Haïfa, « fou » mais clairvoyant sur l’état du monde après la signature des accords de paix israélo-palestiniens, dits accords d’Oslo de 1993. Le film met en scène, avec un grand réalisme, la vie dans un camp de réfugiés palestinien. En 1997, la réalisatrice libanaise Danielle Arbid, dans son court métrage Démolition, offre à Hiam Abbass le rôle poignant d’une jeune femme à la recherche d’un photographe de Beyrouth, ayant pris des photos de sa maison avant les dix-sept années de guerre civile libanaise et détruite au cours de ce fracas fratricide des armes. Dans La Danse éternelle (2003), Hiam Abbass brosse le portrait d’un homme et de sa famille face à la fin de vie de son épouse tant aimée. La force luxuriante de la poésie arabe, alliée à la réalité de l’image, font de ce court métrage une oeuvre d’une bouleversante vérité. Le réalisateur israélien Eran Riklis, Cyclo d’or d’honneur FICA Vesoul 2016, avec La Fiancée syrienne (2004) et Les Citronniers (2008), lui offre ses rôles les plus connus, qui la font accéder à la reconnaissance internationale.

Hany Abu-Assad, réalisateur palestinien, avec Paradise Now (2005), premier film palestinien à remporter le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère, et Amos Gitaï, réalisateur israélo-français, avec Free Zone (2005), permettent à Hiam Abbas d’exprimer son talent d’actrice en endossant le rôle d’une mère inquiète de découvrir que son fils est un terroriste, dans le premier, et, dans le second, celui d’une trafiquante d’armes alimentant ce même terrorisme. L’Aube du monde d’Abbas Fadhel, réalisateur franco-irakien, prix du public et prix Netpac FICA Vesoul 2009, montre Hiam Abbass dans le rôle d’une mère ravagée par la mort de son fils unique, Mastour, tué dans la guerre Iran-Irak. En 2010, Miral de Julian Schnabel, présenté à la Mostra de Venise, retrace la vie de Hind Al Husseini (1916-1994), fondatrice de l’orphelinat « Dar Al Tifl Al Arabi Institute » en 1948. Cette institution caritative et éducative accueille les enfants palestiniens dont les parents ont été tués durant la première guerre israélo-arabe de 1947 ou durant l’exode de 700 000 Palestiniens en 1948, la Nakbah (la catastrophe en arabe).

Avec Héritage (2012), Hiam Abbass réalise son premier long métrage de fiction, sans pour autant renoncer à être actrice, puisqu’elle y tient le rôle de Samira, l’épouse du fils aîné du patriarche d’un village de Galilée, proche de la frontière libanaise. La grande histoire tragique de l’éclatement du conflit israélo-libanais de 1982 s’inscrit dans la réalité de la petite histoire quotidienne, dans le cadre familial des préparatifs d’un mariage. Sur un ton léger, la réalisatrice et actrice jordano-américaine Cherien Dabis conte, dans May in the Summer (2013), la découverte de secrets de famille à l’occasion de la préparation d’un mariage interreligieux chrétien - musulman. Hiam Abbass prend visiblement plaisir à jouer, à contre-emploi, le rôle d’une Jordanienne chrétienne fantasque, dans cette comédie pleine de rebondissements.

Film aussi déjanté, mais sur un sujet bien plus grave, celui du quotidien des Palestiniens de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, Dégradé d’Arab et Tarzan Nasser (2015), présenté à la Semaine de la critique à Cannes, est une oeuvre annonciatrice d’un renouveau du cinéma palestinien, par l’écriture d’un scénario novateur et original. Hiam Abbass incarne une mère courage aux prises à des situations extrêmes dans Une Famille syrienne (2017) du réalisateur belge Philippe Van Leeuw, film d’une grande puissance dramatique sur la réalité que vit, depuis trop d’années, le peuple syrien, violenté dans une terrible guerre civile, où s’invitent les puissances du monde, dans un jeu géopolitique mortifère.

Un cinéma d’urgence qui interroge, mais que peut le cinéma ?

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