Carte blanche de nos consultants

Carte blanche à Martine Thérouanne : La Mère porteuse d’Im Kwon-taek 

Im Kwon-taek est un cinéaste prolifique qui a réalisé 104 films. 

Le FICA en a présenté dix dont La Mère porteuse à sa cinquième édition. Son sujet, d’une étonnante modernité, ne peut que toucher le spectateur qu’il soit homme, femme, père, mère.

Ce film en costume, d’une parfaite maîtrise stylistique, sur la maternité, l’amour, le couple, les conventions sociales, est porté par la beauté lumineuse de l’actrice Kang Soo-yeon qui est récompensée par la Coupe Volpi à la Mostra de Venise en 1987.

Il est l’un des tout premiers films coréens à être distribués en France au début des années 1990.

 

 

 

Carte blanche à Wafa Ghermani : La Servante de Kim Ki-young 

J’ai découvert La Servante par hasard en 1999 aux Rencontres Internationales du Cinéma.

Je n’avais encore jamais entendu parler de son réalisateur, Kim Ki-young, et je ne connaissais rien au cinéma coréen des années 1960.

On plonge avec délice et délectation dans une ambiance de plus en plus noire et cauchemardesque.

L’influence de Hitchcock est palpable dans certains plans angoissants de cette descente aux enfers pleine de séduction et la pirouette finale fait soudain comprendre la force de manipulation du cinéma et le plaisir infini que l’on a à s’y  laisser  prendre.

 

Carte blanche à Martine Armand : La Grande Villede Satyajit Ray 

En 1992 je choisis La Grande Ville pour inaugurer la grande rétrospective « Satyajit Ray » à la Cinémathèque française.

Ce premier film contemporain de Ray me toucha profondément par sa mise en scène sensible et économe, sa force et sa rigueur, l’audace du thème jamais abordé jusque-là dans le cinéma indien, les acteurs remarquables, en particulier Madhabi Mukherjee incarnant magistralement Arati pour ses débuts avec Ray, qui lui offrit ensuite le rôle inoubliable de Charulata.

La Grande Ville est aussi le portrait subtil et humain de Calcutta, la ville natale de Satyajit Ray qu’il ne quitta jamais.

 

Carte blanche à Gönul Donmez-Colin : Le Goût de la cerise d’Abbas Kiarostami 

Abbas Kiarostami tenait beaucoup au Goût de la Cerise, l’un des rares films sur la mort célébrant la vie.

Pas seulement pour lui avoir permis de remporter la Palme d’Or, mais aussi parce qu’il y évoquait un passage difficile de sa propre vie.

« Nous ne choisissons pas notre religion, notre sexe, notre nationalité, notre culture, nos parents ni notre date de  naissance. C’est un peu comme si l’on vous enfermait dans une salle de cinéma sans vous laisser le choix. Vous  aimeriez peut-être le film qui passe à l’écran, mais vous le trouveriez sans doute beaucoup moins plaisant, si l’on vous  obligeait à rester le regarder.

La seule chose, qui vous permet de tenir est le panneau de signalisation de SORTIE. La sortie. Au moins l’idée de ce  panneau vous laisse un choix dans votre vie ».

 

Carte blanche à Shahla Nahid : Foxtrot de Samuel Maoz

Samuel Maoz, Lion d'or du festival de Venise pour Lebanon et Lion d'argent du même festival pour Foxtrot, commet deux oeuvres qui représentent les deux faces de la même réalité du conflit israélo-palestinien.

Dans Lebanon, il montre l'état psychologique des soldats à l'intérieur du char de l'envahisseur et, au travers de leur viseur, les horreurs subies par des victimes palestiniennes.

Alors que dans Foxtrot, il part d'une erreur commise par l'armée israélienne qui bouleverse la vie d'une famille pour, par extension, rappeler la tragédie de toutes les guerres inutiles.

Maoz dessine dans Foxtrot les tourments d'une société israélienne en guerre permanente. Il choque, hypnotise et émeut.

 

Carte blanche à Max Tessier : Le Grondement de la montagne de Naruse Mikio 

Parmi les nombreux chefs-d’oeuvre de Mikio Naruse (1905-1969), cinéaste longtemps méconnu en France, Le  Grondement de la Montagne (Yama no Oto, 1954) tient une place à part.

Adapté d’un roman de Kawabata Yasunari, le  film est centré non pas sur le seul personnage d’une femme, mais plutôt  sur la relation émotionnelle entre Shingo (So Yamamura) et sa belle-fille Kikuko (Setsuko Hara, magnifique), face à  l’égoïsme froid du mari de Setsuko, Shuichi (Ken Uehara).

Filmé dans les ruelles du vieux Kamakura, dans les subtiles tonalités grises chères à Naruse, le film repose sur des  sentiments et attitudes aujourd’hui oubliés : pudeur et émo tions rentrées. Un beau masque de Nô résume à lui seul ces sentiments…

(Mes vifs remerciements à Carlotta Films pour le coffret  Naruse récemment réédité).

 

Carte blanche à Bastian Meiresonne : Le Tombeau des Lucioles de Takahata Isao

Si les spectateurs réticents à l’animation ne devaient voir qu’un seul dessin animé, je leur conseillerais Le Tombeau des Lucioles, mon plus gros choc cinématographique après la mort de la maman de Bambi et l’empoisonnement de Blanche-Neige.

Cette adaptation d’une nouvelle semi-autobiographique d’Akiyuki Nosaka est parfaite : Un pur moment de cinéma, où la forme s’efface derrière la forme du contenu et de l’hyper-réalisme des détails, dont la gestuelle de la petite Setsuko, calquée sur celle de Brigitte Fossey dans Jeux Interdits.

Un film indispensable pour rappeler les conséquences désastreuses de toute guerre sur nos enfants.

 

Carte blanche à Eugénie Zvonkine: Le Fils adoptif d’Aktan Arym Kubat

Peut-être le plus beau film d’Aktan Arym Kubat et incontestablement l’un des plus beaux films centrasiatiques, Le Fils adoptif raconte l’histoire inverse des films d’adolescents occidentaux.

Là où Les 400 coups raconte l’histoire d’une échappée et d’une rébellion, le rêve d’Azat est de trouver sa place dans la communauté. Dans le noir et blanc lumineux du film surgissent par instants des plans en couleur, instants privilégiés et  hors du temps, comme quand un souvenir, une saveur, une odeur nous reviennent de notre enfance.

Comme jamais, dans ce film, Aktan Arym Kubat est un spectateur émerveillé et bienveillant du monde, capable d’évoquer des sujets graves avec douceur. 

 

Carte blanche à Jean-Marc Thérouanne : Insiang de Lino Brocka

Adolescent, lecteur de Positif et des Cahiers du cinéma, j’avais entendu parler de Lino Brocka, réalisateur mythique, premier Philippin à être sélectionné à Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs, en 1978, pour Insiang, dont le premier rôle féminin était tenu par la belle actrice Hilda Koronel. 

Ce film, inscrit dans la réalité sociale philippine, se déroule dans un bidonville de Manille. Il conte la lutte d’une jeune femme aux prises avec une mère tyrannique, en proie à la violence du désir sexuel des hommes, notamment celui du jeune amant de sa mère, caïd d’une bande de petits voyous. L’art de Lino Brocka est de faire sentir aux spectateurs la montée de la tension dramatique de la fatalité du destin dans toute la moiteur du climat tropical. Insiang a placé les Philippines sur la carte cinématographique du monde.

J’aurai mis toute une vie à chercher à le voir, jusqu’à ce jour de mai 2015, où cela fut possible à Cannes Classics.

 

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