26e Festival International des Cinémas d'Asie de Vesoul

du 11 au 18 février 2020

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Japonismes 2018 – Les âmes en résonance

Japonismes 2018 – Les âmes en résonance

Arts décoratifs, beaux-arts, mode, littérature, musique…l’influence japonaise sur les artistes français et occidentaux au XIXe siècle est immense. Le cinéma n’est pas en reste : La Forteresse Cachée a partiellement inspiré la trilogie Star Wars, Les Sept Samouraïs a servi de modèle aux Sept Mercenaires, La Vie d’Oharu, femme galante, a donné naissance à La Religieuse et Rashomon à L’Année dernière à Marienbad. Dans le cadre de l’événement culturel Japonismes 2018 : les âmes en résonance, le 25e FICA Vesoul vous invite à voir et revoir quelques chefs-d’oeuvre japonais qui ont marqué le cinéma français et occidental à tout jamais.

Si porcelaines et laques ont été les premières oeuvres artistiques à éveiller l’intérêt de la France au XVIIe siècle, c’est surtout le Traité d’amitié et de commerce de 1858 qui favorise l’influence de la civilisation japonaise sur les arts occidentaux (défini sous le terme de japonisme en 1876). L’arrivée des estampes bouleverse les peintres impressionnistes comme Manet, Degas, Toulouse- Lautrec ou Van Gogh, tandis que la littérature inspire des écrivains comme Baudelaire, Mallarmé ou Hugo. 

 

 

Côté cinéma, les liens entre la France et le Japon remontent à la naissance même du 7e Art, avec des équipes des Frères Lumière réalisant les premières prises de vue dès la fin du XIXe siècle au pays du Soleil Levant. Après une série de coproductions tournées à Tokyo en 1908, c’est au tour des studios parisiens d’accueillir des tournages japonais, forcés de s’exiler suite au tremblement de terre de 1923. Et c’est le succès international de Rashomon, d’Akira Kurosawa, au début des années 1950, qui va durablement influencer le paysage cinématographique français et mondial.

En 1951, les studios japonais de la Daiei partent à la conquête de la France en sortant l’un de leurs succès phares de…1937, Le Bandit Samouraï, d’Eisuke Takizawa. Le film fera moins de 2 000 entrées. Un énième échec des Japonais, parmi les plus anciens et les plus importants producteurs cinématographiques au monde, mais incapables de s’imposer face aux concurrents américain et européen. Persuadés que les Occidentaux étaient visiblement incapables de comprendre leur culture, ils s’attendaient à tout sauf au succès de Rashomon, une histoire profondément enracinée dans les us et coutumes japonais et située à une période historique méconnue (époque Nara, 750 après JC) ! Le film remporte successivement le Lion d’or à la Mostra de Venise et l’Oscar du meilleur film étranger en 1952 et ouvre la voie à une multitude de titres qui déferlent sur le monde entier : plus de cent films japonais seront sélectionnés aux seuls festivals de Cannes, Berlin et Venise entre 1950 à 1986.

Les distributeurs français sont prompts à réagir : alors qu’il avait fallu attendre plus de cinquante ans pour la première sortie officielle japonaise, sortent en quelques mois Rashomon, La Vie d’Oharu, La Porte de l’Enfer, La Belle et le voleur, Okasan. Le film japonais est vendu comme un objet de curiosité, quelques salles font même le pari de projeter des films sans sous-titres, ni doublage pour « une meilleure immersion ».

Des producteurs opportunistes racolent le passant en traduisant très librement certains films : La Cité Rouge devient ainsi La Rue de la Honte, Frère est renommé Tendre et Folle Adolescence, et Cochons et Cuirassés sort sous le titre aguicheur de Filles et Gangsters. Certains films subissent des remontages : Les Sept Samouraïs sortent une première fois dans une version amputée de 105 minutes, tandis que celle de Godzilla est allégée de 40 minutes de papotages japonais, mais alourdie de 20 minutes de scènes américaines avec des acteurs de seconde zone (dont feu Raymond Burr, L’Homme de Fer).

Les critiques de cinéma seront pour beaucoup dans la reconnaissance du cinéma japonais. Georges Sadoul définira Les Contes de la lune vague […] comme « l’un des plus beaux films du monde », Jean Douchet dira de L’Intendant Sansho que « le critique se trouve désarmé devant une telle évidence de la perfection ». Jean Rochereau sanglote, à la sortie d’Un Voyage à Tokyo en 1978 (soit 25 ans après sa réalisation), que « la double perfection, fond et forme, tire des larmes, même à un critique chevronné». D’autres commentaires peuvent paraître cocasses avec le recul des années, comme celles de Pierre Laroche, dans le Canard Enchaîné, qui compare l’actrice principale de La Porte de l’Enfer « à un dessin de Stephen Bosustow » et les soldats en costumes traditionnels à « d’étranges insectes ». Un critique anonyme du magazine Positif regrette que Godzilla n'ait « pas de personnalité et ne tombe pas amoureux de la jeune première ».

Lorsque les critiques ne révèlent pas le cinéma japonais à de futurs cinéastes, à l’instar d’Olivier Assayas ou Christophe Gans, ils lui rendent hommage en passant derrière la caméra. Jacques Rivette compare sa Religieuse (1966) à un lointain remake de La Vie d'Oharu, Jean-Luc Godard avoue avoir repris le panoramique de fin de son Mépris (1963) à L'Intendant Sansho. Alain Robbe-Grillet s’est inspiré de Rashomon pour la structure particulière de L'Année dernière à Marienbad (1961), tandis qu’Alain Corneau a voulu Tous les matins du monde (1991) comme un hommage à Kenji Mizoguchi.

Jean-Jacques Annaud, André Téchiné, Arnaud Desplenchin, Claire Denis ou Pascale Ferran citent tous au moins un film japonais ayant eu une influence majeure sur leur cinéma. Plus récemment, certains jeunes talents nés et élevés durant l’âge d’or de la diffusion des séries animées japonaises à la télévision française dans les années 1980 et 1990 se réfèrent aux programmes de leur jeunesse, tel Philippe Lacheau, à l’origine de l’adaptation Nicky Larson et le parfum de Cupidon (2018). Si la quantité de films japonais distribuée en France reste relativement faible comparée au nombre total des tournages faits chaque année au Japon et à sortir en France*, la constance des sorties au cours des décennies passées, la diversité des genres, les Palmes d’or et l’incroyable engouement autour du manga et des animations durant les années 1990 et 2000 font que le cinéma japonais continue à influencer de nouveaux réalisateurs.

De même, des générations de cinéastes français – depuis les Frères Lumière, en passant par les cinéastes de la Nouvelle vague française jusque, plus récemment, Besson, Kassovitz ou Jeunet – continuent à inspirer les Japonais. En souhaitant que les échanges culturels continuent à faire vibrer les âmes en résonance pour 160 ans…et plus encore.

* Dans les années 1950, 4 films sortis en moyenne par an sur 500 produits et 400 distribués en France pour des entrées avoisinant 200 000 entrées sur…400 millions !

Bastian Meiresonne

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