BannireSiteFR.png
JouerPlay

  • icones accueil 01
  • Actualités

  • Suivez les dernières informations 
    concernant l'actualité festivalière.

  • icones accueil 02
  • Qui sommes nous ?

  • Venez découvrir les objectifs et
    l'équipe (nombreuse) du festival.

  • icones accueil 03
  • Ils sont venus à Vesoul

  • Petit aperçu de certains invités
    des éditions passées.

  • icones accueil 04
  • Catalogue et programme

  • Venez visionner et télécharger
    le dernier catalogue en date.

Hommage à Xie Fei

 

Xie Fei est le représentant d’une génération oubliée, la quatrième, auquel hommage doit être rendu. Malgré un début de carrière ruiné par la Révolution culturelle, il reste malgré tout un grand maître du cinéma chinois.

Il est né en 1942 à Yan’an, dans le Shaanxi. Il suffit ensuite d’une ligne pour résumer le drame de sa carrière : il obtient son diplôme de l’Académie du cinéma de Pékin en 1965, juste avant sa fermeture pendant la Révolution culturelle - sort aussi dramatique que celui des réalisateurs de la cinquième génération, obligés, eux, d’attendre sa réouverture en 1978 pour entreprendre leurs études, mais dont on parle beaucoup moins.

À vingt-trois ans, il est réduit à l’inactivité ou presque : c’est comme assistant réalisateur sur le tournage de quelques-uns des seuls films alors permis qu’il réussit à glaner quelque expérience pratique : les huit « opéras modèles » ou yangbangxi.

Envoyé ensuite « à la campagne », dans le Hebei, il acquiert là une culture cinématographique originale qui vient compléter celle acquise pendant ses études. Et ce, grâce aux films qui étaient alors projetés dans les villages par des équipes ambulantes - des films étrangers correspondant à l’idéologie de l’époque, soviétiques surtout, mais aussi albanais et nord-coréens, et, pour les films chinois, outre les fameux huit, les grands classiques du studio Mingxing, l’un des trois grands studios des années 1920-1930 à Shanghai, et figure de proue du cinéma de gauche au milieu des années 1930.

Dans le désert culturel qu’était alors la Chine, chacune de ces projections était un événement qui drainait les foules, certains « jeunes instruits » n’hésitant pas à parcourir des kilomètres pour revoir le même film dans plusieurs villages. Xie Fei avait cependant acquis ses principales connaissances cinématographiques pendant ses études à l’Académie du cinéma de Pékin où il avait été formé sous l’égide des grands réalisateurs de la troisième génération, celle qui fut active entre 1949 et 1966 : autre génération oubliée qui n’a pas tourné que des films de guerre et « de propagande », mais englobe aussi de grands cinéastes comme Xie Jin ou Xie Tieli les maîtres, justement, que se reconnaît Xie Fei.

Un autre de ses maîtres fut le réalisateur Zhang Ke qui fut son professeur à l’Académie et forma bon nombre des réalisateurs de la quatrième génération.
C’est avec la réouverture de l’Académie du cinéma de Pékin, en 1978, que débute véritablement la carrière de Xie Fei : il devient à la fois metteur en scène de théâtre et professeur. La situation n’était pas facile, le matériel retrouvé enseveli sous la poussière et obsolète, mais les cours redémarrèrent dans l’enthousiasme. Ce fut en fait une période d’intense bouillonnement créatif.

À l’été 1981, lorsque les étudiants commencèrent à travailler sur leurs projets de fin d’étude, ce fut sous la supervision de Xie Fei. Il s’investit tout particulièrement dans la préparation de l’un des deux plus importants, Our Farmland, y compris lors du tournage, dans la province du Heilongjiang, ce qui donna lieu à quelques frictions avec les étudiants, dont Gu Changwei qui était en charge de la photo. Il oubliait qu’il était seulement le superviseur, lui reprocha-t-on. Mais on peut comprendre les frustrations d’un réalisateur qui, depuis 1965, attendait l’occasion de tourner ses propres films...

En fait, il avait réalisé deux premiers films en 1978 et 1979 : Fire Boy et The Guide. Le premier, en noir et blanc, a pour cadre la lutte, en 1950 dans le sud-ouest de la Chine, en pays Miao, contre les bandes de brigands qui étaient des suppôts du Guomingdang. Le second film, The Guide, fut tourné aux studios du Xinjiang. C’est un film en couleurs qui se passe aux confins du désert du Taklamakan : à la fin de la dynastie des Qing, un explorateur européen tente d’y retrouver une vieille cité qui, selon une légende, aurait été enfouie sous les sables. Ces deux films ne peuvent cependant pas être considérés comme des œuvres représentatives de l’art de Xie Fei.

Xie Fei a dû attendre le milieu des années 1980 pour pouvoir enfin tourner, seul, le film qui représente véritablement le début de sa carrière de réalisateur : La jeune fille Xiao Xiao. Ce film, sorti en 1986, est une adaptation de l’une des plus célèbres nouvelles parmi celles écrites dans les années 1928-1929 par Shen Congwen.
Le film est un chef-d’œuvre tant sur le plan de la construction, reprenant celle de la nouvelle liée au rythme des saisons, que sur celui de la musique et de l’image, reflétant la splendeur paisible des paysages du Xiangxi et traduisant le même caractère idyllique et vaguement nostalgique propre à la nouvelle, mais ici en contrepoint du message final.

Avec ce film, Xie Fei ne s’éloigne pas des thèmes ruraux propres aux œuvres tant cinématographiques que littéraires de l’époque : tous ces intellectuels avaient passé une partie de leur vie à la campagne, Révolution culturelle oblige, c’était ce qu’ils connaissaient de mieux, et l’expérience qu’ils avaient à partager. Avec son film suivant, réalisé en 1989, Xie Fei aborde un thème totalement différent puisqu’il s’agit d’un thème urbain ; il participe alors, avec l’auteur du roman dont le film est l’adaptation, au développement du mouvement néo-réaliste qui marque alors et la littérature et le cinéma. Il s’agit de Black Snow.

Le titre du film annonce donc son dénouement : Li Huiqian est condamné dès le départ, par le sort autant que par les événements, condamné par sa candeur invétérée, et, par là même, par son incapacité à s’adapter au monde instable et sauvage qu’est devenue la Chine urbaine du miracle économique. Li Huiqian est un romantique perdu dans la jungle des villes. Il est superbement interprété par Jiang Wen. Si le néoréalisme en littérature était une réaction à l’hermétisme des mouvements avant-gardistes, mais aussi à la littérature de « recherche des racines », qui était essentiellement un mouvement d’intellectuels, le néoréalisme au cinéma se développa en réaction contre le symbolisme des œuvres phares du renouveau du cinéma chinois dans les années 1980, et contre l’idéologie dominante du réalisme socialiste. Dans les deux cas, il s’agissait de s’intéresser à la vie courante, aux problèmes quotidiens, en s’exprimant dans une langue compréhensible de tous. Au cinéma, le développement de ce néoréalisme a coïncidé avec les lendemains des manifestations de Tian’anmen et du durcissement politique qui s’en est suivi. Il a commencé comme un mouvement underground s’attachant à la description des bas-fonds de la société urbaine, pour prendre un ton plus profond de critique sociale. C’est ainsi qu’est née la sixième génération, celle des réalisateurs citadins et critiques de la civilisation urbaine.

 

Alors que, aidés par le développement des caméras numériques, les jeunes réalisateurs, après 1989, reprennent en masse des thèmes urbains comme celui de Black Snow, Xie Fei, lui, en revient à sa première manière : au lyrisme empreint d’une douce tristesse caractéristique de son premier film. Il n’a plus l’âge où l’on se révolte, plutôt celui où l’on médite, sur les peines et les joies de l’existence, avec un regard nostalgique sur le passé.

Ce regard méditatif se retrouve dans ses films suivants, et d’abord dans ce qui est sans doute son chef d’œuvre : Les femmes du lac aux âmes parfumées.
Comme les deux films précédents, celui-ci traduit la prédilection de Xie Fei pour les adaptations d’œuvres littéraires. On retrouve ici une situation similaire à celle de La Jeune fille Xiao Xiao, ce film en étant comme une prolongation, comme si la réflexion de Xie Fei ne cessait de revenir à ce problème, en un cycle rappelant celui qui enferme les deux femmes, Xiaoxiao et Huanhuan, dans leur destin inéluctable. Xie Fei délivre un message ambigu : on a l’impression que le temps tourne en boucle, malgré les signes de progrès économique.

Le film a été couronné de l’Ours d’or au Festival de Berlin en 1993.
Xie Fei va ensuite approfondir cette même réflexion, centrée sur le sort des femmes comme témoins de leur temps, en la déclinant dans d’autres cadres culturels : en Mongolie et au Tibet.
Les deux films suivants développent le thème qui sous-tend le précédent : la recherche de l’amour, d’un lien profond dans la vie, qui lui donne un sens et aide à en supporter les peines. Bien qu’ils soient tournés dans des zones allogènes, ce ne sont pas des documents ethnographiques ou folkloriques : ils sont à considérer comme expression d’une recherche de valeurs universelles, d’où est absente toute considération politique ou historique, sauf comme toile de fond du second.
A Mongolian Tale est l’adaptation d’une nouvelle, Le Destrier noir, d’un écrivain contemporain, Zhang Chengzhi. Pendant la Révolution culturelle, il fut envoyé en Mongolie intérieure où il passa quatre ans et apprit la langue. On retrouve une problématique très semblable à celle de Xiaoxiao. On a cependant un film totalement différent, utilisant à plein la splendeur des vastes panoramiques du paysage mongol, tourné en mongol avec des acteurs mongols, le rôle principal étant interprété par un chanteur très connu, Tengger, qui a signé les chants qui ponctuent le film.
Song of Tibet, sorti en 2000, est le pendant tibétain du film précédent, tourné en tibétain, avec des acteurs exclusivement tibétains. L’histoire est différente, mais il s’agit toujours du sort d’une femme, la Yixi Zhuoma ou Yeshe Dolma du titre original, avec, en toile de fond, le même respect fondamental pour la tradition et pour les femmes qui la perpétuent.
C’est le dernier film de Xie Fei.
Aujourd’hui, dans un contexte où le cinéma est devenu une industrie tournée vers la rentabilité, pour un cinéaste comme Xie Fei dont les œuvres relèvent plutôt du cinéma d’auteur, il est difficile de continuer à tourner, mais, depuis 2000, il s’est tourné vers la télévision où il a réussi à transposer son univers.

Brigitte Duzan

www.chinesemovies.com.fr

 

 

  • 01-vesoulagglo
  • 02-vesoul
  • 03-regionbfc
  • 04-hautesaone
  • 05-cnc
  • 06-minsiteredelaculture
  • 07-academiebesanconweb
  • 08-inalco
  • 09-unesco
  • 10-mgen
  • 11-orange
  • 12-creditagricole
  • 13-sahgev
  • 14-suzuki
  • 15-schraag
  • 16-netizis
  • 17-cora
  • 18-bistrotteurs
  • 19-distilleriepeureuxweb
  • 20-vignoblesguillaume
  • 21-sncf
  • 22-mobigo
  • 23-keolis
  • 24-mobiliteagglomeration
  • 25-vbus
  • 26-majestic
  • 27-badkidproductions
  • 28-dbtechnique
  • 29-jfmaillot
  • 30-france3bfc
  • 31-parispremiere
  • 32-franceinter
  • 33-francebleubesancon
  • 34-telerama
  • 35-positif
  • 36-estrepublicain
  • 37-lapressedevesoul
  • 38-asianmoviepulse
  • 39-cinealliance
  • 40-ecrannoir

Coordonnées FICA

  festival.vesoul@wanadoo.fr
 33(0)3 84 76 55 82
 25 rue Dr Doillon, 70000 VESOUL

Contact presse
J-M. Thérouanne : 06 84 84 87 46

Twitter

Suivez nous !