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Hommage à Kôji Fukada

 

Le Cinéma du réalisateur cinéphile Kôji Fukada

La succession des 4 K (Takeshi Kitano, Hirokazu Kore-eda, Kiyoshi Kurosawa et Naomi Kawase) et particulièrement la place qu’ils occupent sur la scène internationale du cinéma est l’une des questions prédomi- nantes que se posent les afficionados du cinéma japonais. Après le prix du jury Un Certain regard à Cannes qui a récompensé Harmonium, le nom qui revient systématiquement en réponse à la question précédente est presque toujours le même : Kôji Fukuda. Dans la présentation qui suit, nous allons nous intéresser de plus près aux éléments qui font du réalisateur né dans les années 80 un successeur digne des maîtres précités, se concentrant sur les films présentés cette année sur les écrans du FICA de Vesoul.

Né à Tokyo un 5 Janvier 1980, Koji Fukada avait un père cinéphile ce qui l’a amené à grandir dans un environnement entouré de centaines de cassettes VHS, et par la suite, à devenir lui-même un cinéaste. Les films qu’il a visionnés l’ont inspiré et poussé à devenir réalisateur durant ses années de lycée. Les films français Les Enfants du Paradis de Marcel Carné et, espagnol El Espiritu de la Colmena de Victor Erice l’ont fortement influencé. Sa passion pour le cinéma européen, qui en fait le suivra tout au long de sa carrière, a commencé à cette période. Plus tard, il étudiera la littérature à l’université de Taisho et, en 1999, il commencera à prendre des cours du soir en réalisation à l’école de film de Tokyo où l’un de ses professeurs est Kiyoshi Kurosawa.

Deux ans plus tard, il filme et produit son premier film, The Chair, qui raconte l’histoire de 4 personnes qui sont connectées par une « chaise » pendant un été : Izumi qui a perdu sa sœur dans un accident de voiture. Fukushima, un vieil homme qui dessine des portraits. Takashi qui est élève en primaire et sa mère, Chie qui gagne sa vie dans l'industrie du sexe. The Chair est en fait un titre plutôt obscur, projeté brièvement au Japon, mais dans lequel on trouve les thèmes qui peupleront les films ultérieurs de Kôji Fukada.

Son deuxième film, un court métrage intitulé La Grenadière, adapté de la courte histoire d’Honoré de Balzac, se concentre sur Madame Willemsens qui loue La Grenadière, une charmante maison sur les bords de la Loire où elle vit avec ses enfants et sa vieille servante Annette. Fukada a mis en œuvre une technique inhabituelle, mélangeant soixante-dix peintures impressionnistes de Takeshi Fukazawa avec de l’animation, une voix off et de la musique, réussissant à faire un film qui capture parfaitement la mélancolie du texte. Son goût pour l'expérimentation formelle et le mélange des genres a commencé quelque part ici.

Au cours de cette même année 2006, Fukada rejoint l’unité de production de la compagnie théâtrale du célèbre dramaturge Oriza Hirata, « Seinendan ». Son expérience dans cette troupe influence aussi son travail cinématographique, car il a souvent choisi en son sein des acteurs pour ses films, comme c’est le cas de Kanji Furutachi qui a joué dans plusieurs de ses films. Harmonium, qui a été conçu plus ou moins à cette période, est basé sur ce qu’il a appris durant ses années au sein de la compagnie.

Son troisième projet, La Comédie humaine à Tokyo est une fois de plus inspiré du travail de Balzac, mais cette fois de La Comédie Humaine. Oscillant quelque part entre la pièce de théâtre et l’omnibus, le film décrit en trois épisodes des vies ordinaires, sans incidents particuliers. L’influence d’Eric Rohmer, qui alterne performances naturalistes et touches récurrentes d’ambiguïté dans ses drames profonds sur les relations humaines est plutôt évidente ici. L’impact du réalisateur français de La Nouvelle Vague, et plus particulièrement de son classique de 1986 Le Rayon vert, est en fait une des informations qui revient dans toutes les discussions à propos du maître japonais, qui déclare dans une interview en 2013 pour Screen Anarchy, « chaque fois que je fais un film, j’ai son ombre qui se profile au-dessus de moi, je me demande, comment il filmerait ça ? ».

2010 est une année assez importante pour Kôji Fukada. Hospitalité a remporté le titre du Meilleur Film de la section Japanese Eyes au Festival International du film de Tokyo et est massivement diffusé à l’international, marquant ainsi le début d’une reconnaissance plus grande pour le cinéaste Japonais.
Cette comédie noire tourne autour d’un mystérieux étranger qui réussit à trouver un emploi dans une petite imprimerie de Tokyo, finissant par faire partie de la vie du propriétaire et de sa famille. Essentiellement une allégorie/satire de la xénophobie, Hospitalité doit la plus grande partie de son succès aux personnages écrits par Fukuda, qui semblent tous être des « échantillons parfaits » de la famille petite-bourgeoise moyenne, mais qui en fait recèlent des secrets sur leur passé, leur révélation ajoutant beaucoup à un contexte déjà plutôt intriguant.

Son projet suivant met en avant l’influence d’Eric Rohmer encore plus que dans tous ses autres films. Principalement connu sous le titre Au Revoir l’été, le film est centré sur Sakuko, une étudiante de 18 ans qui vient tout juste de rater son examen d’entrée à l’université et qui part pour de courtes vacances dans une petite station balnéaire avec sa tante Mikie. Il fait référence à certains éléments esthétiques du réalisateur français : une station balnéaire calme, des jeunes filles rêveuses en robes pastel à bicyclette, le son des crickets pendant une après-midi ensoleillée. En même temps, le film est cependant véritablement japonais dans la manière dont il aborde les commentaires sociaux sur la culpabilité et l’impact du passé et sur l’attitude à l’égard des femmes, le tout présenté à travers des dialogues plutôt réalistes et sur un rythme calme.

Concernant les titres français de ces deux films, autre marque de fabrique de la filmographie de Fukada, le producteur du film, Kiki Sugino, dit dans une interview pour Asian Movie Pulse à l’occasion de la projection de Au Revoir l’été à Rotterdam : « Quand nous étions en train de travailler sur ce film, nous avons choisi Hospitalité comme titre international. Nous l’avons fait car le film est inspiré par la conception du philosophe français Jacques Deridda du terme « hospitalité ». Cette fois également, nous avons choisi un titre français car il nous semblait plus adapté au réalisateur qui est inspiré et influencé par le mouvement français de la Nouvelle Vague. À côté de ça, dans un pays où les gens n’ont presque pas de vacances, nous voulions créer un film où l’on pourrait se croire en vacances. Donc, au lieu d’un titre international anglais, nous avons pensé qu’un titre français serait plus à même d’y parvenir.

Cette même année, 2013, Fukada tourne également Inabe, un court-métrage dans lequel Nako, rend visite à sa famille après 17 d’absence, après un départ dont les raisons ne seront jamais expliquées, mais qui laissent entendre qu’elles ont été désagréables. Fukada se concentre sur le sens de la vie, mais ne recherche pas des réponses simples. Comme iI n’y a ni révélation ni situation difficile, cette approche rend chaque détail de ce film plus intriguant. L’un de ses « trucs » favoris, l’apparition d’un individu qui retourne complètement l’histoire à l’envers, est présent, une fois de plus, avec l’arrivée du mari de Nako.

Le sens de l’expérimentation de Fukada atteindra son apogée en 2015, avec Sayonara, un film basé sur la pièce de théâtre de Oriza Hirata, qui met en scène Geminoid F, une femme androïde créée par Hiroshi Ishiguro. Il a été présenté comme « le premier film où apparaît un gynoïde jouant face à un acteur humain ». Le film prend place dans un futur proche, après que le Japon ait subi une autre catastrophe nucléaire qui le rend petit à petit inhabitable. Toute la population doit être évacuée pour éviter les radiations nocives, selon un système de billetterie d’ordre de sortie mis en place par le gouvernement. Tanya (Bryerly Long) est une réfugiée étrangère abandonnée au Japon car positionnée en bas de l’échelle de l’ordre d’évacuation. La seule aide qu’elle trouve vient de l’Androïde Reona. Bryerly Long, dans une interview pour Asian Movie Plus, dit du film : « Je pense que la plus grande originalité dans Sayonara, mise à part la performance du robot, c’est que Fukada a décidé de se concentrer sur les étrangers. Dans cette période de froid de l’après 11 mars, tout le monde était comme : Ganbare Nihon (Allez, Japon !). En fait, beaucoup d’étrangers qui étaient dans la région de Tohoku ont été oubliés, mis de côté et cela a renforcé un sentiment très nationaliste. Fukada a essayé de le montrer à travers Sayonara, en portant un nouvel éclairage sur les étrangers, en montrant comment ils sont traités quand une grande calamité se produit. Je pense qu’il y a quelque chose que je n’ai pas vu abordé par d’autres réalisateur dans leur travail post-Fukishima. »

2016 est l’année qui a consolidé la place de Fukada sur la scène internationale, avec le prix du Jury Un Certain Regard pour Harmonium. A côté de ce qui est considéré par beaucoup comme son chef d’œuvre, le réalisateur japonais a tourné un autre court métrage, intitulé Birds. Le film de 7 minutes prend place dans la chambre d’un appartement, où une femme interroge un homme, tandis qu’une femme plus jeune veille paresseusement sur eux.

Harmonium, une fois de plus, met en scène un étranger qui perturbe la vie « ordinaire » d’une famille japonaise de banlieue. Toshio et sa femme Akié mènent une vie apparemment paisible avec leur fille. Un matin, un vieil ami de Toshio, Kusataro, se présente à son atelier, après avoir passé 10 ans en prison. À la surprise de Akié, Toshio lui offre un travail et un logement. Petit à petit, le nouvel arrivant s’immisce dans la vie familiale. Les personnages de Fukada sont esclaves de leur passé et ne semblent pas pouvoir réussir à s’en sortir, quelque soient leurs efforts. Ce trait de caractère façonne leur personnalité et les conduit au désespoir, puis à la violence. Le fait que certains secrets soient révélés n’offre aucune forme de soulagement, cela ne fait en fait qu’aggraver les choses. Le film démarre dans un silence de tension, que l’on ressent presque à chaque plan, qui culmine avec la scène finale, l’une des scènes les plus terrifiantes du film. Concernant le prix qu’il a reçu à Cannes, les membres du jury ont souligné l’illustration d’un problème symbolisant la société moderne en mettant en scène une famille ordinaire.

En 2018, Fukada tourne un autre court métrage, East of Jefferson. L’histoire prend place dans une chambre de Love Hôtel. Un homme et une femme qui se sont rencontrés dans un café sont sur le point d’avoir une relation sexuelle. Alors qu’ils se préparent à s’unir, nous découvrons qu’il existe entre eux un lien inattendu lié à leur passé. Raconter une histoire d’enfance dans un love hôtel est une chose que Fukada maximise par un effet d’humour, en plaçant nombre de moments comiques au milieu d’une narration, qui en théorie, est dramatique.

Son sens pour l’expérimentation et l’impact de la catastrophe de Fukushima sur un certain nombre de cinéastes japonais, aboutit au tournage, la même année, exclusivement à Banda Aceh sur l’île de Sumatra en Indonésie de Le Soupir des vagues. L’histoire tourne autour d’un homme retrouvé sur une plage dans un Sumatra dévasté par la guerre et un tsunami, souffrant d’amnésie et parlant un indonésien et japonais incompréhensifs. Atsuko et son fils Takashi l’appellent Rau, ce qui signifie mer, et font leur maximum pour l’aider. Au final, tout le village est fasciné par cet étranger venu de la mer, qui bientôt montrera un pouvoir aussi mystérieux que la nature elle-même. Dans une autre métaphore de son œuvre, Fukada utilise des étrangers comme symbole de la nature, qui agit de façon mystérieuse pouvant soit sauver, soit détruire les gens.

Dans une expérience narrative de plus, Fukada filme L’Infirmière en 2019, qui se concentre sur la vie de la même femme à deux époques différentes, qui sont cependant racontées en parallèle. Au début, elle est Risa, veuve à la recherche d’un changement dans sa vie, qu’elle poursuit à travers son coiffeur, Kazumichi. Dans la deuxième, elle est infirmière et a également un autre travail qui consiste à prendre soin d’un vieil artiste, jusqu’à ce qu’une tragédie frappe la famille. Un des meilleurs atouts de ce film est la manière dont Fukuda révèle la connexion entre les deux époques, utilisant le concept de la mémoire d’un seul lieu, le zoo de la ville.

Le dernier travail de Fukada à ce jour s’intitule The Real Thing, basé sur la bande dessinée de Mochiru Hoshisato. Initialement, il était prévu comme une série de 10 épisodes, mais une version cinématographique a été montrée à Cannes et Tokyo. A Vesoul, il sera présenté en deux parties. Le scénario se concentre sur Tsuji, un salarié de 30 ans qui travaille pour une compagnie de feux d’artifices, et entretient des relations avec deux de ses collègues de travail, une sérieuse, avec Naoko, sa responsable dans l’entreprise, et une autre plus superficielle, avec Minako, une jeune employée. Fukada se concentre sur la manière dont ses protagonistes sont reliés les uns aux autres, et particulièrement comment les ‘’sauveurs’’ (personnes qui veulent toujours aider les autres) se retrouvent connectés avec les ‘’victimes’’ (personnes qui semblent toujours avoir besoin d’aide).

Panos Kotzathanasis

 


 

 

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