Abbas Kiarostami : son rôle pour le cinéma iranien et du monde

 

Abbas Kiarostami

Abbas Kiarostami, le cinéaste iranien, qui a marqué au moins deux générations de cinéastes en Iran et dans le monde, est décédé en France à 76 ans, loin de la terre qui lui était, selon ses dires, essentielle. 

Ses films ayant été ignorés de la majorité de ses compatriotes pour leurs aspects presqu'expérimentaux et minimalistes, ne l'ont pas empêché d'accéder à une célébrité internationale inégalée.  Une réussite qui a fait plus d'un envieux chez lui. 

Couronné de plusieurs grandes récompenses cinématographiques, notamment la Palme d'or en 1997 pour le "Gout de la cerise", il a apporté autant de gloire, sinon plus qu'une équipe de foot, à l'Iran.

Il croyait que les pays qui ont une image dans le monde sont plus à l'abri d'attaques que d'autres. Il citait le cas de l'Irak et des bombardements sans fin de ce pays dans l'indifférence généralisée car, selon lui, personne ne voyait les irakiens. Il ajoutait : «on ne peut ne pas voir les iraniens car ils sont présents dans les esprits à travers leurs films...»

Abbas Kiarostami

Abbas Kiarostami, le cinéaste iranien, qui a marqué au moins deux générations de cinéastes en Iran et dans le monde, est décédé en France à 76 ans, loin de la terre qui lui était, selon ses dires, essentielle. 

Ses films ayant été ignorés de la majorité de ses compatriotes pour leurs aspects presqu'expérimentaux et minimalistes, ne l'ont pas empêché d'accéder à une célébrité internationale inégalée.  Une réussite que a fait plus d'un envieux chez lui. 

Couronné de plusieurs grandes récompenses cinématographiques, notamment la Palme d'or en 1997 pour le "Gout de la cerise", il a apporté autant de gloire, sinon plus qu'une équipe de foot, à l'Iran.

Il croyait que les pays qui ont une image dans le monde sont plus à l'abri d'attaques que d'autres. Il citait le cas de l'Irak et des bombardements sans fin de ce pays dans l'indifférence généralisée car, selon lui, personne ne voyait les irakiens. Il ajoutait : «on ne peut ne pas voir les iraniens car ils sont présents dans les esprits à travers leurs films...»

Particularité de son cinéma

Le cinéma de Kiarostami était un cinéma assez particulier. Il se rapprochait du cinéma néo-réaliste italien de l'époque de Rosselini, parce qu'il parlait aussi de la vie, de la destruction et de la mort. Dans ses films, Kiarostami a toujours privilégié les enfants, les acteurs non professionnels, la face inimaginable de la vie que l'on ne voit souvent pas, la mort, des fins ouvertes,. …. Il était très secret. Ne partageait pas grand-chose. Il observait le monde tel un aigle et voyait tout. Il puisait dans les histoires des autres ses réflexions et, par la suite, ses scénarii.



Les jeunes iraniens et son cinéma 

Lorsqu'il a commencé à être connu avec "Où est la maison de mon ami", il était le seul réalisateur iranien à être présent dans les festivals. Il l'est resté pendant quelques années. Et, grâce à son succès continuel, d'autres réalisateurs ont pu faire valoir leur talent. Il a naturellement incité les jeunes cinéastes à l'imiter, ne serait-ce que pour arriver aux festivals de films et être connus. Mais, ils se sont majoritairement distingués du maître en trouvant leur chemin en jetant d'autres regards sur leur vie et en inventant d'autres langages cinématographique. Ainsi, lorsqu'il a gagné tous les honneurs, c'était son tour d'aller vers ses suiveurs. Il s'est ouvert aux jeunes et commença à consacrer son temps à ces derniers par le biais des workshops. Il devint, pour ainsi dire, très généreux envers eux et très accessible à leurs demandes.

 

Kiarostami et le cinéma du monde 

En ce qui concerne le cinéma du monde, son influence est également non négligeable, notamment sur le foisonnant cinéma turc.

Il a également remis au goût du jour le cinéma néo-réaliste italien et l'utilisation des enfants comme personnages principaux dans les films. Il a aussi consolidé l'approche minimaliste  des adeptes d'un cinéma dépouillé d'artifices.

Son cinéma "expérimental" et presque documentaire a encouragé plus d'un à aborder le cinéma autrement. 

 

Pourquoi avoir mis fin au tournage en Iran ?   

Bien que Kiarostami n'ait pas souffert de la censure proprement dite, mais a subi les tracas d'un système qui le poussa à faire ses deux derniers films, "Copie conforme" et "Like someone in love" à l'étranger.

Lors du Festival de Cannes 2012 où il présentait son film Like Someone in Love, Abbas Kiarostami a expliqué à mon micro pourquoi il avait décidé de travailler à l’étranger :

« Depuis plusieurs années, il m’est difficile de travailler en Iran. Il est vrai que je n’ai pas de difficulté pour obtenir des autorisations de tournage. Mais, le problème en Iran n’est pas uniquement d’obtenir cette autorisation, c'est que le permis n’est pas en soi doté de garanties d'exploitation. Beaucoup de films réalisés avec les autorisations nécessaires finissent comme ceux qui n’en avaient aucune. Produire un film en Iran, c’est s’engager dans un processus imprévisible … Le cinéaste consacre son temps, son énergie, emploie des moyens techniques et financiers sans être sûr du sort de son œuvre. C’est la raison pour laquelle je ne travaille plus en Iran et réalise mes films à l’étranger. J’en suis, évidemment, navré. C’est un exil volontaire motivé par les conditions de production de film en Iran. Ne plus faire de film en Iran peut ainsi être considéré comme un manifeste de protestation ».

Kiarostami pensait cependant qu'il était tel un arbre qui s'acclimate à un lieu et dès l'instant qu'on le transporte ailleurs, il ne peut plus donner les mêmes fruits.

Ces dernières années, Abbas Kiarostami était parfois critiqué dans les milieux intellectuels pour son refus de prendre des positions politiques tranchées. Mais le cinéaste avait son style et ses préoccupations philosophiques propres qui touchaient, in fine, à la politique.

Malgré l'absence de connaissance de ses films en Iran, ses compatriotes comprenaient sa stature et l'admiraient pour ce qu'il apportait  à l'Iran. C'est pourquoi son pays natal  lui rendit un hommage certes tardif mais grandiose. Un artiste qui alla à l'encontre de la culture du cinéma hollywoodien tout au long de sa carrière de cinéaste.

Hélas, à l'instar du titre d'un de ses films "Le vent nous emportera", qui rendait hommage à la grande poétesse insoumise et moderne d'Iran, Forough Farkhokhzad, le vent a emporté l'un des cinéastes majeur de notre temps. 

Shahla Rostami, journaliste à RFI 

 

 Abbas Kiarostami

 Reuters/MaxRossi /File photo

 

 

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